La bière et l’impôt dans la ville à la fin du Moyen-Age

autour d’un édit et d’une sentence à Valenciennes

  • Jean-Marie Cauchies Cercle Archéologique de Mons

Résumé

Au Moyen–Age, le développement des villes requiert de disposer de ressources par le moyen de recettes fiscales. Ces impôts indirects qui touchent la production, la vente et la consommation de biens divers sont appelés “ assises ”’ ou “ maltôtes ”’ Ces impôts constituent jusqu’à trois quarts des recettes ordinaires, parfois même plus. Le seigneur de la ville qui autorise la perception en octroyant des octrois y a sa part fixe ou plus souvent proportionnelle. Pour les communautés locales et leur seigneur, il est crucial de veiller au bon rendement et à la perception correcte de ces impôts. Les assises qui frappent les boissons alcoolisées sont parmi les plus anciennes et les plus lucratives. A Valenciennes au XIVe siècle si le total des assises couvre plus de 60% des recettes, les boissons produisent environ 40% de ce total. L‘affermage garantit à cette ressource une grande stabilité. Aux Xllle et XIVe siècles, si le vin apparaissait comme la boisson maîtresse, la bière (cervoise dans les textes) va bientôt s’imposer à la première place. Les brasseries se multiplient dans les campagnes, la production n’y est pas soumise à l’imposition d’assises communales, y consommer coûte moins cher : d’où une propension des citadins à s’y rendre. Les autorités urbaines vont mettre en exergue le préjudice fiscal subi - de même que celui du seigneur – et entrent en conflit avec les villages.

Références

Cauchies, J.-M.. (2010 ). Tavernes, fiscalité et ordre public à Valenciennes et dans les anciens Pays-Bas en 1500. Mémoires du Cercle Archéologique et Historique de Valenciennes, 11(1), 145‑160.
Publiée
2017-11-05
Rubrique
Articles