Les hôtels urbains des comtes de Hainaut sous les Avesnes et les Bavière (1280-1428)

  • Ludovic Nys

Résumé

La ville est par excellence, à la fin du Moyen Âge, le lieu des échanges, celui où se concentre l’essentiel des activités artisanales et commerciales, où se tissent et se stratifient les relations sociales. Les nouvelles classes urbaines, petite et haute bourgeoisie, prolétariat et noblesse des villes. forment désormais le terreau sur lequel s’appuie en priorité le pouvoir du prince, d’où il tire une part significative de ses moyens financiers, mais elles sont aussi celles qui, cherchant à défendre leurs prérogatives scellées dans les chartes de franchises communales acquises de haute lutte, lui opposent alors les plus fortes résistances. Qu’il suffise d’évoquer ici le cas célèbre des relations complexes, si ce n’est ouvertement conflictuelles, que certaines villes de Flandre, en particulier Gand, ont entretenues leur histoire durant avec les comtes de Flandre puis avec les ducs de Bourgogne1 ! Or comment le prince aurait—il pu mieux parvenir à nouer des liens étroits et harmonieux avec ses villes, ferments de ces oppositions potentielles et vitrines économiques et artistiques ouvertes sur l’extérieur, qu’en résidant, ne fût—ce qu'épisodiquement, en leurs murs ? Sans doute certaines des communautés urbaines, celles du moins qui ne remontaient pas à quelques fondations antiques, s’étaient—elles constituées autour d’anciens châteaux princiers. La présence du prince en ses villes n’était donc pas un fait nouveau. Ce à quoi l’on assiste alors, à partir de la fin du XIII€ et au XIV6 siècle, paraît toutefois avoir procédé d’un tout autre mouvement, celui d’un retour en milieu urbain, non plus à l’ombre des murs puissants de leurs châteaux, qui instauraient une distance de fait avec la ville elle—même. mais au sein du lacis de ses mes sinueuses, dans les hôtels urbains que lui—même ou ses prédécesseurs y avaient fait construire ou aménager. Le Hainaut. quand bien même il était situé en cette fin du Moyen-Âge en marge de l'aire de civilisation urbaine des Flandres et du Brabant, n’échappe pas à la règle. Valenciennes et Mons abritèrent toutes deux un hôtel comtal où résidèrent de façon régulière les comtes et partie de leur cour, les hôtels dits « de Hollande » et « de Naast », localisés au cœur même de ces deux villes importantes du comté.

Publiée
2016-04-30