Le 12 février 1926 était institué le Cercle archéologique et historique de Valenciennes. La fondation de la société savante à la place qui est la sienne s’inscrit dans le mouvement de renouveau d’une ville et de son arrondissement durement meurtris par la tragédie de la Grande Guerre ; le monument d’Alphonse Terroir à « la renaissance de Valenciennes et de sa région » qui orne la couverture du livre illustre cette réalité. Le comité du Cercle a souhaité commémorer ce 90e anniversaire en publiant un volume de Mémoires qui propose des regards croisés sur diverses facettes de l’identité valenciennoise. Ces traits spécifiques de l’existence

collective de la région ne s’additionnent pas simplement, mais par le jeu des interactions qui se tissent entre eux construisent une identité qui se décline au pluriel.

Ce volume ne prétend pas tout dire, mais propose un parcours thématique ordonné scandé par les contributions originales de quelques-uns des membres du CAHV avec le concours d’universitaires amis et souvent adhérents de la société. Cette « ville de l’Escaut et de la Rhonelle » (E. Desplats) fut un foyer de christianisation en liaison avec d’actives abbayes voisines dont la prestigieuse abbaye de Saint-Amand (C. Mériaux). Cette ville chère aux comtes de Hainaut (L. Nys) qui avait atteint un haut niveau de rayonnement au Moyen Âge devint aux temps modernes une fleur de pierre plantée au coeur du « pré carré » conçu et réalisé par Vauban (P. Mayeur) avant de devenir une capitale provinciale au siècle des Lumières avec des « intendants éclairés » comme Moreau de Séchelles (C. Glineur). Valenciennes fut un des épicentres de la révolution industrielle du XIXe siècle, tout en demeurant, ce que l’on sait moins, au coeur d’une riche région agricole s’accompagnant, il est vrai, de réels contrastes internes (P. Guignet). La ville eut sa société des Incas, comme Le Quesnoy de façon plus éphémère eut celle des Malabares (B. Debrabant). La vieille métropole scaldienne qui se targue d’être l’«Athènes du Nord » s’enorgueillit de ses nombreux Prix de Rome dont certains trop méconnus comme J.-F. Layraud (J.-C. Poinsignon).

 

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Publiée: 2016-04-30

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